Le décrochage scolaire n’épargne pas l’enseignement supérieur. Si la crise du Covid a longtemps été pointée du doigt, force est de constater que la démotivation des étudiant·e·s persiste. L’École d’Ingénieurs de la HELHa a décidé d’agir.

«Ces dernières années, les étudiant·e·s décrochaient de plus en plus tôt dans l’année et une démotivation s’installait chez les collègues» explique Nadine Dehaene, Coordinatrice du Bachelier en Ingénieur industriel.

Les étudiant·e·s de 1ère de cette année académique 2025 – 2026 ont eu l’opportunité de découvrir la nouvelle mouture du programme.

Retour sur les prémices de ce questionnement

>>> Un constat, une décision

Un décallage  existait entre le contenu du programme et  et les attentes réelles des étudiant·e·s.

Une réfléxion était indispensable.

Un groupe de travail baptisé « Étudiants épanouis » a été créé pour identifier les freins et concevoir des solutions adaptées à la réalité des jeunes d’aujourd’hui.

 >>> Une enquête pour mieux les comprendre

Une enquête a été menée auprès :

  • des étudiant·e·s en ingénieur industriel,
  • des autres bacheliers du Département Sciences, Technologies et Vivant,
  • des rhétoricien·ne·s et étudiant·e·s en ingénieur civil.

Les résultats de l’enquête ont mis en évidence quelques pistes :

  • Les études sont importantes, mais ne doivent pas occuper toute leur vie.
  • Plus de 35h/semaine (cours + travail à domicile) sont jugés irréalistes.
  • Besoin d’encadrement renforcé à l’école pour réduire la charge à domicile.
  • Faible maîtrise des outils numériques (Excel, Word, PowerPoint), pourtant essentiels.

>>> Des solutions concrètes pour une réussite durable

À partir de ces constats, le programme a été entièrement repensé pour mieux répondre aux besoins des étudiant·e·s.

Dès la rentrée, les étudiant·e·s participent à des ateliers consacrés à l’identité professionnelle et à la projection dans le métier d’ingénieur. Ils·elles assistent également à des conférences animées par des ingénieurs afin de découvrir la réalité du terrain. Des exercices pratiques sont proposés pour améliorer la prise de notes, l’organisation et les méthodes de travail. Enfin, une auto-évaluation est prévue pour permettre à chacun de vérifier ses acquis et, si nécessaire, de se réorienter rapidement.

 

« De base, nous partions d’une croyance que nos jeunes savaient utiliser les outils numériques : Excel, Word, PowerPoint, etc. Force est de constater que ce n’est pas le cas et que cela pouvait les mettre en difficulté rapidement dans leurs études », insiste Nadine Dehaene

Le programme intègre donc désormais des activités spécifiques pour développer la maîtrise des outils numériques. Par exemple, les étudiant·e·s apprennent à utiliser Excel dans le cadre des calculs vectoriels et participent ensuite à des laboratoires pratiques pour travailler la présentation et l’analyse de données.

Pour favoriser la collaboration et l’apprentissage collectif, des travaux de groupe sont organisés avec des équipes constituées de manière aléatoire. Les horaires ont également été repensés afin d’éviter la dispersion des matières et de garantir une meilleure cohérence entre les différentes activités pédagogiques.

>>> Les projets revus et corrigés  

Chaque année, des projets sont réalisés en équipes durant l’année académique,  présentés et notés par les enseignant·e·s aussi bien pour les étudiant·e·s de Charleroi que de Mons.

L’approche par projet a été entièrement revue afin de garantir l’équité entre les groupes, tant au niveau des ressources disponibles que de l’encadrement, en évitant que certains bénéficient d’aides extérieures (comme les parents) tandis que d’autres non.

« Nous nous sommes appuyés sur les recommandations d’Ann-Perry Witmer – University of Illinois, spécialiste de l’approche par projet, qui a audité notre méthode. Une réflexion approfondie a permis de redéfinir les attendus pour les projets de 1re et 2e année, en tenant compte des compétences technologiques, transversales et scientifiques nécessaires », explique Nadine Dehaene.

Les projets de première année étaient trop ambitieux, mobilisant simultanément un grand nombre de compétences, ce qui créait des difficultés et des tensions dans les groupes.

Désormais, l’approche est plus progressive :

  • Le 1er quadrimestre est consacré à l’acquisition des notions théoriques et pratiques indispensables à la réalisation du projet. Les cours sont organisés en fonction des compétences attendues pour le projet.
  • Le 2ème quadrimestre introduit une journée par semaine dédiée au projet, avec un espace équipé (local projet) permettant de travailler sur place, découper, souder et réaliser la maquette. Les étudiant·e·s apportent la matière première, mais disposent d’outils adaptés et d’un encadrement renforcé.

Pour réduire les coûts et encourager la créativité, une “récupérathèque” est en cours de création, où ils·elles pourront récupérer des matériaux. Ils·elles ont également accès au Fablab du campus de Mons, et un laboratoire similaire sera bientôt disponible à Charleroi.

Pour la deuxième année, l’approche évolue également : la collaboration avec une entreprise devient obligatoire. Les enseignant·e·s sélectionnent les partenaires et intègrent cette collaboration dans les activités pédagogiques. Une journée de projet est également prévue chaque semaine, avec la possibilité de réaliser la maquette dans le temps imparti.

Cette année, la journée des Ingénieurs se déroulera le 24 avril 2026. 

>>> Et après ?

Une évaluation complète sera réalisée en fin de cette première année pour ajuster le dispositif en fonction des retours des étudiant·e·s.

Cette démarche démontre l’engagement des enseignant·e·s dans la réussite des étudiant·e·s.

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