Il y a quelques semaines, les étudiant·e·s de deuxième année en Ergothérapie de la HELHa ont vécu un temps fort de leur formation : une séance de travaux pratiques marquée par le témoignage d’un ancien patient. Un moment à la fois pédagogique, humain et profondément éclairant sur la portée du métier.
Aucune photo n’a été prise ce jour-là — et c’est sans doute mieux ainsi. L’instant se prêtait davantage à l’écoute, à la confiance et à l’émotion qu’à l’image. La richesse de la rencontre résidait ailleurs : dans la parole partagée, dans la justesse du vécu, dans ce qu’un parcours de rétablissement peut transmettre à de futur·e·s professionnel·le·s.
Invité à rencontrer les étudiant·e·s, Patrice, patient-expert a accepté de revenir sur son cheminement en santé mentale et sur la place essentielle qu’y a occupée l’ergothérapie. : « J’ai raconté ma souffrance, mes doutes, puis mon lent parcours de rétablissement, fait d’essais, de nombreuses erreurs mais aussi de réussites significatives. »
Après deux années passées en centre de jour au sein d’un hôpital psychiatrique, Patrice a pu mettre des mots sur ce que les soins ergothérapiques lui ont apporté au fil du temps : la reconstruction de la confiance, le plaisir d’agir, la redécouverte de ses capacités et la reprise du lien social : « L’ergothérapie m’a aidé à retrouver confiance en moi, à éprouver de la fierté en accomplissant et réussissant des tâches, à maîtriser de nouvelles compétences, à développer ma patience, ma concentration, mon organisation, à mieux gérer mon temps, à travailler en groupe et à renouer des liens sociaux. »
Son témoignage a permis aux étudiant·e·s de mieux saisir une dimension parfois difficile à percevoir en stage : les effets durables de leur future pratique sur le parcours de vie des patients.
« Ce n’est pas seulement une activité récréative, c’est un véritable soin, avec des objectifs précis, qui joue un rôle de réhabilitation et qui complète les soins cliniques traditionnels. »
Pour les étudiant·e·s, cette rencontre a offert un regard concret sur l’impact à long terme de l’ergothérapie, bien au-delà des situations de crise qu’ils·elles observent souvent sur le terrain. Elle est venue conforter le sens de leur formation et la valeur de leur futur métier.
Les échanges ont été d’une grande qualité, les questions nombreuses et parfois très pointues. Si le temps a manqué pour explorer tous les sujets, l’essentiel était bien là : rencontrer la personne derrière le patient, comprendre autrement le soin et nourrir une réflexion professionnelle plus humaine.
En clôture, Patrice a tenu à remercier chaleureusement les étudiant·e·s et l’équipe enseignante pour la qualité de l’accueil, tout en se disant prêt à renouveler l’expérience.
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