Elle aurait pu suivre le Bachelier en Systèmes Alimentaires Durables et Locaux de la HELHa mais à son époque, cette formation n’existait pas encore.
Cécile Noisier a donc choisi des études d’Ingénieure industrielle en biochimie à la HELHa de Mons. Un parcours qui l’a menée vers de grands groupes pharmaceutiques comme GSK et UCB.
« Malgré une carrière solide en contrôle qualité, je ne me voyais pas rester sur cette voie. À l’époque, nous venions d’avoir un petit garçon et, avec mon mari, nous avons décidé de nous réorienter. Nous avons choisi de faire revivre la ferme familiale, à l’arrêt depuis plus de 20 ans. »
Un retour à la terre, à taille humaine : maraîchage sur petite surface, respect des cycles naturels, et — clin d’œil à son grand‑père — le retour d’un petit élevage de volailles avec aujourd’hui 125 poules pondeuses. Le tout accompagné d’une boutique de proximité : Bio’pic.
Se reconvertir : un métier, plusieurs casquettes
Dans sa nouvelle vie, Cécile porte toutes les casquettes :
« Je suis à la fois maraîchère aux côtés de mon mari, vendeuse dans notre épicerie, mais aussi responsable de la gestion administrative et comptable. Être indépendant, c’est savoir tout faire… et surtout savoir s’adapter. »
Son regard sur les systèmes alimentaires locaux
> L’accès à la terre
Pour nourrir un territoire, il faut des terres.
Mais le prix du foncier et la pression urbanistique rendent l’installation d’agriculteur·rice·s extrêmement difficile.
« Nous avons eu la chance d’hériter des terres familiales. Pour beaucoup d’autres, se lancer relève presque de l’impossible. »
> Le climat
La météo belge, plus instable que jamais, impose une diversification accrue.
Chez eux, on retrouve plus de 40 variétés de fruits et légumes cultivées tout au long de l’année pour stabiliser les revenus.
> L’aspect financier
Le “local et sain” est souvent perçu comme plus cher.
L’enjeu, selon Cécile, est de reconnecter les consommateur·rice·s à la valeur réelle des produits et au rôle du “juste prix” dans la santé, l’économie locale et le respect du vivant.
Aux futur·e·s diplômé·e·s de la HELHa
Pour elle, la transition alimentaire exige de repenser entièrement la production :
Pourquoi choisir la HELHa pour travailler dans ce domaine ?
« La force de la HELHa, c’est la diversité de ses départements.
La transition alimentaire exige que l’ingénieur, le gestionnaire, le diététicien et le communicant travaillent ensemble. L’ingénieur·e optimise les sols, le gestionnaire renforce les circuits courts, le diététicien encourage le “moins transformé”, et le communicant rétablit la confiance sans moraliser. »
Par ailleurs, le Bachelier en Systèmes Alimentaires Durables et Locaux propose des cours en lien direct avec le métier exercé par Cécile.
Son conseil aux étudiant·e·s
Travailler en maraîchage bio et en circuit court, c’est — selon Cécile — exercer trois métiers en un :
> Maîtriser la technique
La terre est vivante et le climat change.
Les bases d’agronomie sont essentielles, mais l’observation l’est encore plus.
En bio, on ne lutte pas contre la nature : on compose avec elle.
> Développer des compétences entrepreneuriales
Produire, c’est une chose. Valoriser, en est une autre.
Comprendre la chaîne de valeur — gestion, logistique, communication — est indispensable pour pérenniser une activité.
> Créer du lien
Le circuit court repose avant tout sur la confiance.
On ne vend pas seulement un produit, mais aussi l’histoire qui l’accompagne.
Plus d’informations sur le Bachelier en Systèmes Alimentaires Durables et Locaux : Bachelier Agronomie – Systèmes alimentaires durables et locaux, région de Charleroi – HELHa – Haute École Louvain en Hainaut